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Antiquités islamiques

Pierre tombale
© Musée des Antiquités de la BA / M. Mounir Mohamed Mounir

Présentation du departement

La section islamique met à la disposition du visiteur du Musée des Antiquités une collection variée témoignant de l’adresse et du savoir-faire de l’artisan d’autan. L’attention du visiteur sera certes attirée par les pièces de tissus, les vitraux en plâtre, les travaux en bois ou en argile reflétant tous les aspects de la vie aussi bien sociale, intellectuelle, scientifique que religieuse de l’époque.

Epoque Islamique

L’époque islamique a fait ses débuts en Egypte depuis 641 avec l’arrivée d’Amr Ibn Al-As, chef des armées musulmanes, sous le règne du Calife Omar Ibn Al-Khattab ; et ce suivant les conquêtes ayant déjà commencé du vivant du Prophète Mohamed (qu’Allah le bénisse et le salue) et ayant vu leur apogée sous les quatre Califes Bien Guidés
dès 632/11 de l’Hégire.

Premièrement : les Omeyyades (20-132 de l’Hégire/661-750)

Les Omeyyades représentent la première dynastie régnante suite au Califat des Bien Guidés. Ayant gouverné de 661 à 750, ils ont établi leur capitale à Damas. Issus des plus grandes maisons de la tribu des Quraychites, plusieurs d’entre eux se sont tardivement convertis à l’Islam, à l’exception d’Uthman Ibn Affan troisième Calife et l’un des premiers à y adhérer. Abou Sufyan Ibn Harb, l’un des plus éminents dirigeants de Beni Umayya, est devenu le maître absolu de la tribu des Quraychites depuis la bataille de Badr et jusqu’aux conquêtes arabes. C’est son fils Muawiya (661-680), gouverneur de la Syrie sous le règne d’Omar Ibn Al-Khattab dès 657, qui a fondé cette dynastie. Après l’assassinat d’Ali Ibn Abi Taleb, son fils Al-Hassan lui a succédé, mais a par la suite renoncé au pouvoir au profit de Muawiya Ibn Abi Sufyan ; d’où le califat s’est transféré de Beni Umayya à Beni Sufyan. Ainsi, 32 gouverneurs se sont-ils succédé sur l’Egypte depuis les conquêtes arabes jusqu’à la fin du règne des Omeyyades.
 
Sous le règne omeyyade, l’Etat était en plein prospérité et les sujets menaient une vie paisible. Le peuple a cessé de se plaindre des impôts et de l’oppression. L’Etat s’intéressait surtout à l’agriculture, l’augmentation de la récolte et l’amélioration du système d’irrigation. Ont été également installés des nilomètres pour mesurer les variations des hauteurs de l’eau du Nil ; et ont été développées de nombreuses industries, notamment celle du textile.

Facteurs de la Chute des Omeyyades

Malgré les conquêtes victorieuses des Omeyyades et la politique d’arabisation qu’ils ont suivie, ils ont dû faire face à une opposition sévère de toutes les parties. La dynastie s’est vu partager et désunir à cause du système de la succession sur le trône et le grand nombre d’héritiers. Par conséquent, les Arabes se sont répartis en deux clans : ceux du Nord nommés les Qaysites et ceux du Sud appelés les Yéménites. Ayant entraîné des guerres civiles, ceci a fini par affaiblir la dynastie des Omeyyades et mettre fin à son règne.

Deuxièmement : les Abbassides (132-254 de l’Hégire/750-1258)

Vu que leur origine remontait à Al-Abbas Ibn Abdel-Motaleb, l’oncle du Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue), les Abbassides faisaient donc partie d’« Ahl Al-Bayt » (les proches du Prophète Mohamed). Soutenu par les Alides, Abu Al-Abbas Al-Saffa (749-754) a pu triompher des Omeyyades et s’emparer du pouvoir. Lui et son frère Abou Djaffar Al-Mansour (754-775) ont pris des mesures rigoureuses pour asseoir la souveraineté abbasside ; et ont déplacé leur nouvelle capitale à Bagdad en 762.

S’étant étalé de 132 de l’Hégire/750 jusqu’à l’arrivée d’Ahmed Ibn Touloun en 254 de l’Hégire/868, le règne abbasside a témoigné de l’attribution du pouvoir à 69 gouverneurs. L’Etat s’est centralisé à l’Est, notamment à Khorasan sous le commandement d’Abu Muslim Al-Khurasani. Les Abbassides étaient tolérants vis-à-vis des Chrétiens de l’Egypte ; et ont tenu à protéger les églises et diminuer les taxes.

Facteurs de la Chute des Abbassides

La faiblesse du Califat abbasside, la succession de nombreux Califes à intervalles fréquents et l’attribution des postes administratifs et militaires importants à des sujets étrangers avaient pour répercussion l’ascension du pouvoir des Turcs et des Seldjoukides. Le prestige des Califes abbassides s’est peu à peu affaibli au point de ne pas se soucier de l’indépendance de certains gouverneurs s’étant emparés progressivement du pouvoir central pour instaurer leurs propres dynasties. Enfin, la concurrence avec les Alides a fini par entraîner la chute des Abbassides.

Troisièmement : les Toulounides (254-292 de l’Hégire/868-905)

D’origine turque, Ahmed Ibn Touloun est le fondateur de la dynastie des Toulounides. Après la mort de son père, sa mère a épousé le prince Bekbak nommé gouverneur d’Egypte en 252 par le Calife abbasside. Délégué par son beau-père, c’est Ahmed Ibn Touloun qui a pris possession du poste.

Sous la dynastie toulounide ayant duré 38 ans, la sécurité dominait et le pays était en plein prospérité et stabilité. L’économie, la science, la culture et les arts se sont épanouis surtout sous le règne d’Ahmed Ibn Touloun et celui de son fils Khumarawayh. De nouvelles villes telle Al-Qatai ont été fondées et de prestigieux châteaux ont été édifiés. Les souverains de cette dynastie ont accordé un intérêt particulier à la constitution d’une forte armée, à l’enrichissement du pays, à la réduction des prix et à la garantie des produits alimentaires partout en Egypte. Or, c’est à partir du règne de Haroun Ibn Khumarawayh (896-904) que la dynastie commençait à décliner à cause des conflits avec les Qarmates. En 905, les Abbassides ont repris leur pouvoir sur l’Egypte.

Quatrièmement : les Ikhchidides (323-358 de l’Hégire/935-969)

D’origine turque arabisée, les Ikhchidides ont gouverné l’Egypte et la Syrie pour 34 années durant le IVe siècle de l’Hégire depuis leur capitale Fostat. Descendante du chef militaire Mohamed Ibn Tughj Al-Ikhchid (935-946), cette dynastie a pris pour titre « Ikhchid » signifiant « le roi des rois » ; et selon d’autres dires, il est d’origine iranienne et a pour sens « parfumé ».

En dépit du court règne des Ikhchidides, l’Egypte a connu une prospérité remarquable et un progrès important dans les domaines artistique, littéraire et scientifique ; notamment dans l’architecture, les œuvres d’art et les monuments représentant l’art islamique. Mais malheureusement, le patrimoine qui nous est légué de cette époque est d’importance mineure, soit à cause de l’effet du temps soit parce que les Fatimides en ont détruit la plupart.

Facteurs de la Chute des Ikhchidides

Suite à la mort d’Al-Ikhchid, son chef militaire Abu Al-Misk Kafur originaire de la Nubie est devenu le souverain réel de l’Egypte (946-968) au lieu des enfants du premier étant trop jeunes pour exercer le pouvoir. En 966, Abu Al-Misk Kafur a été nommé gouverneur de l’Egypte par les Abbassides. Un peu plus tard, les Fatimides ont exterminé l’ensemble de la dynastie de Tughj, dont le dernier descendant Aboul-Fawarès petit-fils d’Ikhchid qui s’est trouvé chasser de Fostat en 969.

Cinquièmement : les Fatimides (358-567 de l’Hégire/909-1171)

Les historiens ne se sont pas montrés unanimes en ce qui concerne l’origine des Fatimides : il y en a ceux qui pensaient qu’ils étaient les descendants d’Ali et de Fatima la fille du Prophète (qu’Allah le bénisse et le salue) ; et il y en a ceux qui croyaient qu’ils n’avaient aucune relation avec la famille du Prophète.

De toute manière sous la dynastie fatimide, l’Egypte a témoigné de l’apogée des arts islamiques. Ses gouverneurs ont également prêté une attention particulière à lever une armée puissante afin de mener à bien leurs objectifs d’expansion et de protection contre les ennemis. Sous leur règne, les richesses du pays ont connu une évolution remarquable ; et la production agricole étant l’une des sources principales de l’économie égyptienne était en abondance. Aussi, se sont-ils intéressés à construire les ponts ; assainir les canaux ; développer l’industrie, notamment celles des métaux, du textile, du verre et de la poterie qui étaient toutes en pleine prospérité.

Facteurs de la Chute des Fatimides

Quatorzième et dernier Calife fatimide, Al-Adid Li-Din-Allah a gouverné le pays lors d’une période de faiblesse et de troubles dus aux Croisades et aux tentatives des Seldjoukides à exercer leur autorité sur le pays. En effet, c’est son vizir Shawar qui tenait les rênes du pouvoir. Ayant préféré conclure une trêve avec les Croisés afin de parvenir à lutter contre les Seldjoukides, il a toutefois fini par s’allier à ces derniers et signer un autre accord avec le Sultan de Damas Nur Al-Din en vue de s’attribuer le titre de Vizir d’Egypte. Ainsi, soutenu par l’armée zengide sous le commandement d’Asad Al-Din Shirkuh et son neveu Salah Al-Din Al-Ayyoubi (dit Saladin), Shawar a pu lutter contre les Croisés. Promu par Nur Al-Din au vizirat d’Egypte, Shirkuh est remplacé en 1169 après sa mort par Salah Al-Din Al-Ayyoubi. Suite au décès d’Al-Adid en 1171, Salah Al-Din est monté au pouvoir pour instaurer la dynastie ayyoubide en Egypte et y remplacer la doctrine chiite par la doctrine sunnite.

Sixièmement : les Ayyoubides (567-648 de l’Hégire/1171-1250)

D’origine kurde, la dynastie ayyoubide a étalé sa domination sur l’Egypte, la Syrie et l’Iraq à partir de 1171 jusqu’à 1250/1260. Ayant deux capitales l’une à Damas et l’autre au Caire, cette dynastie a été fondée par Najm Al-Din Ayyoub, un officier kurde au service des émirs zengides. Originaire d’Arménie, il est devenu de plus en plus réputé dès sa nomination gouverneur de Crète puis de Damas. Son frère Assad Al-Din Shirkuh et son fils Salah Al-Din (1138-1193) étaient des chefs militaires au service des Fatimides. Neveu d’Assad Al-Din Shirkuh et l’un des héros de l’armée arabe pendant les Croisades, Salah Al-Din a été promu en 1169 Vizir du dernier Calife fatimide. Plus tard, il a voulu s’affranchir de la tutelle de Nur Al-Din et faire basculer le règne fatimide. En 1171, il est parvenu à s’emparer d’Alep ; mettre fin au pouvoir des Zengides en Syrie et joindre cette dernière à l’Egypte sous son autorité.

L’époque ayyoubide en Egypte est considérée comme le prolongement des époques toulounide et ikhchidide, notamment en ce qui concerne les sciences qui y ont vu leur floraison telles : le Hadith (paroles du Prophète), le tafsir (exégèse), la lecture coranique, la grammaire et la rhétorique. A l’instar des Fatimides, les Ayyoubides ont pris soin d’édifier les bibliothèques et lever une forte armée. Devenu un Etat à stratégie militaire, il revenait alors à l’Egypte de lutter contre les Croisés et protéger son territoire ainsi que celui de la Syrie contre les ravages des Croisades. Et pour ce faire, l’Etat dépensait la plus grande partie de son budget sur la construction des citadelles et des forteresses, tandis que le reste était consacré à la réforme interne.

Facteurs de la Chute des Ayyoubides

En 1182, Saladin a quitté l’Egypte l’ayant confiée à son frère Al-Adel et son ministre Al-Afdal pour combattre les Croisés envahissant les lieux Saints. Décédé à Damas en 1193/586 de l’Hégire, il n’était jamais de retour en Egypte ; et son royaume s’est vu partager entre ses fils et son frère Al-Adel. Au lieu de s’unir contre les ennemis de l’Islam, ils s’entre-tuaient ; et leur règne a décliné avec la mort de Turan Chah.

Septièmement : les Mamelouks (648-922 de l’Hégire/1250-1517)

Premier Sultan mamelouk à tenir les rênes du pouvoir en Egypte grâce à son mariage avec Chajar Al-Durr, veuve du sultan Al-Salih Najm Al-Din Ayyoub, Izz Al-Din Aybak est décédé en 1249. Ayant succédé à son père, Turan Chah a été assassiné un an après. Soutenue par les Mamelouks, c’est Chajar Al-Durr qui a gouverné pendant 80 jours suite à la mort de son mari. Cependant, vu les problèmes qu’elle a affrontés, elle a dû épouser Aybak pour qui elle a cédé le trône.
                                                                                                               
Descendants des officiers ayant régné sur l’Egypte, la Syrie et la Péninsule arabique de 1250 à 1517, les Mamelouks étaient les membres d’une milice formée d’esclaves issus de la garde servile des Ayyoubides. Enfants dont la majorité provenait des pays non arabes, ils étaient éduqués selon des règles rigoureuses dans des casernes militaires isolées du monde extérieur ; et ce pour garantir leur fidélité au Sultan. Et c’est grâce à un tel régime que la dynastie non héréditaire des Mamelouks a pu jouir d’une certaine stabilité relative.

Suite à la septième Croisade, les Mamelouks ont suivi les traces de leurs prédécesseurs les Ayyoubides. Leur dynastie était subdivisée en deux lignées : les Bahrites ou les Mamelouks du fleuve dont les casernements se situaient au Caire sur l’île de Roda (648-784 de l’Hégire/1250-1382) et les Burjites ou les Mamelouks de la Tour (784-922 de l’Hégire/1382-1517) installés à la Citadelle.

Au début de leur règne, les Mamelouks ont pu défendre l’Egypte et la Syrie contre l’invasion mongole ; et ils sont somme toute sortis victorieux de la bataille d’Aïn Djalout (1260) sous le commandement de Baybars en Palestine. A ce moment, l’Egypte était sous l’autorité du Sultan Qutuz ayant combattu pour dix ans aux côtés de Baybars et Qualaun contre la septième Croisade dirigée par le roi Louis IX de France. Selon les dires, Baybars a renversé le Sultan Sayf Al-Din Qutuz et s’est emparé du pouvoir. Et c’est sous sa souveraineté (1260-1277) et celle de ses successeurs que les Mamelouks ont entrepris la destruction des Etats croisés en Syrie ; et dominé la ville d’Acre, dernier des Etats francs en Syrie (1290).

Parmi les Sultans mamelouks existaient ceux qui opter pour l’oppression et la répression ; ce qui contrastait avec leur qualité de mécènes éminents. Ainsi, l’essor qu’ont connu les arts était-il considérable, voire le plus remarquable depuis l’ère des Ptolémées. Ils ont excellé en architecture et entrepris la construction aussi bien des châteaux, des écoles, des mosquées, des mausolées que des dômes, des hammams et des sabils (édicules de distribution d’eau). Ayant prêté un intérêt particulier aux arts, ils ont également brillé en matière de cloisonnage en or et en argent de même qu’en la fabrication des moucharabiehs et des objets ciselés tels les coffres, les chaises et les portes. Ils ont aussi accordé une importance majeure à l’agriculture étant la première source économique ainsi qu’à la richesse animale ayant témoigné d’une amélioration de races et de l’élévation de meilleures espèces.

Huitièmement : les Ottomans (923-1342 de l’Hégire/1517-1924)

Descendants d’Osman Ertugrul, fondateur de la dynastie ottomane, les Ottomans sont issus des Kayi, l’une des tribus oghouzes ayant dû émigrer lors de l’invasion de Gengis Khan de l’Asie Mineure en 624 de l’Hégire/1226. Ayant tout d’abord conquis les pays sous la domination byzantine, Osman 1er s’est consacré par la suite à l’organisation de l’Empire ottoman dès 699 de l’Hégire/1300.

Les pays des Balkans et de l’Anatolie ont été conquis grâce aux Janissaires, corps militaire original considéré comme l’épine dorsale de l’armée ottomane, qui ont pourtant perdu devant Tamerlan à Ankara en 804 de l’Hégire/1402. Cette défaite a été suivie d’une période d’instabilité et d’intrigues politiques, après laquelle l’Etat ottoman a pu regagner son équilibre et continuer sa politique d’expansion sous Murad II (832-854 de l’Hégire/1421-1451), puis, sous Mehmet II le Conquérant (854-885 de l’Hégire/1451-1481), qui a conquis Constantinople en 856 de l’Hégire/1453 mettant ainsi fin à la présence byzantine dans la région.

Les Ottomans en Egypte

Les Mamelouks ont régné sur l’Egypte pendant plus de deux siècles, au cours desquels ils ont gagné leur guerre contre les Mongols, notamment à Aïn Djalout. Leur dynastie a décliné avec la conquête de la Syrie conduite par Selim Ier (920-926 de l’Hégire/1512-1520), après être battus à Marj Dabiq ayant eu lieu au Nord de la ville d’Alep. Durant cette bataille, le Sultan mamelouk Qansuh Al-Ghuri a fait preuve de bravoure incomparable et a failli remporter la victoire. Mais, l’artillerie ottomane était si forte de façon à épouvanter l’armée mamelouke et déséquilibrer ses troupes. Aussi, deux des chefs militaires mamelouks ont-ils fini par rejoindre l’armée ottomane ; et la bataille s’est achevée par la mort du Sultan Qansuh Al-Ghuri en 922 de l’Hégire/1516.

Son neveu Al-Achraf Tuman Bay lui a succédé. C’est sous son règne que s’est tenue la bataille décisive entre les Mamelouks et les Ottomans près de la vallée de Berket El-Hadj en 922 de l’Hégire/1517. Les deux armées se sont longuement débattues ; et les Egyptiens ont fait preuve de courage et de persévérance. Mais malheureusement, ils ne connaissaient encore ni artillerie ni poudre. Les Ottomans ont fini alors par remporter la victoire ; et Tuman Bay s’est réfugié au Caire dont les forteresses se sont écroulées devant l’offensive ottomane.
 
Le Sultan ottoman Selim Ier est entré au Caire en 923 de l’Hégire/1517. Et Tuman Bay quant à lui a été pendu à la porte Zuwayla. Sa mort a mis fin au règne des Mamelouks burjites ; et dès lors, l’Egypte est devenue un Etat ottoman. Le Caire n’est plus la capitale, mais, une ville subordonnée à la capitale centrale à Istanbul ; ce qui influençait considérablement les arts en Egypte.

Au  fait, après la conquête de l’Egypte, les gouverneurs ottomans se sont occupés de l’administration et de la perception des tributs et des impôts ; ce qui a dû grièvement influencer la vie artistique, surtout qu’ils ont envoyé un grand nombre d’artistes égyptiens à Istanbul de même que d’innombrables masses de marbre et d’éléments architecturaux dérobés aux palais égyptiens.

Les Ottomans ont en général excellé dans l’industrie du tapis ainsi que dans celle du marbre qu’ils ont utilisé dans les tableaux décoratifs des mosquées et des sabils (édicules de distribution d’eau). Aussi, se sont-ils spécialisés dans la production des chefs-d’œuvre, des minbars (chaires de mosquée) et des parterres en marbre. Ils étaient également réputés par le ciselage des bibelots portant des inscriptions coraniques. L’architecture a pareillement subi l’influence ottomane ; cela se manifestait dans les décorations murailles en faïence et les mosaïques ayant couvert les minarets et les voûtes.

Les Ottomans n’entravaient sous n’importe quelle condition l’évolution culturelle et artistique ni en Egypte ni dans les autres Etats de l’Empire. Le progrès et le développement se sont poursuivis dans tous les domaines de l’architecture et de l’ornementation et au Caire et dans les toutes les villes égyptiennes.
Le règne des Ottomans s’est prolongé pour six siècles et son armée a envahi de vastes contrées au Sud-Est et au centre de l’Europe. Ils ont lutté contre les plus grands Rois européens et les ont chassés en Hongrie. Aussi, ont-ils assiégé Vienne, la capitale de l’Autriche ; dominé la Méditerranée jusqu’aux rives asiatiques ; convoité l’Orient et conquis aussi bien l’Iraq, la Syrie que l’Egypte sous le règne de Selim 1er.

Facteurs de la Chute de l’Empire Ottoman

La chute de l’Empire ottoman est due à des facteurs extérieurs et d’autres intérieurs. Sur le plan interne, le déclin des Janissaires, la négligence de leurs entraînements et le manque de leur attachement aux casernes ont engendré leur faiblesse militaire et guerrière. Quant au pouvoir, il était tenu par des Sultans impuissants occupés par leurs propres intérêts ; et c’est le Grand Vizir Al-Sadr Al-Azam ou les grands chefs janissaires qui tenaient vraiment les rênes du pouvoir.

Sur le plan extérieur, le déclin de l’Empire s’est accéléré à cause de la désagrégation de l’administration centrale de même que la victoire des armées européennes, mieux entraînées et mieux équipées d’armes modernes que celles des Ottomans. Ajoutons à cela les privilèges accordés aux Etats européens qui commençaient à intervenir dans les affaires de l’Etat ottoman.

L’Empire ottoman s’est officiellement éteint en 1342 de l’Hégire/1924, lorsque Mustafa Kemal Atatürk a proclamé l’abolition du Califat ottoman en faveur de la déclaration de la République Turque avec ses frontières actuelles.
 

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