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Œuvres choisies

Pierre tombale

Pierre tombale
© Musée des Antiquités de la BA / M. Mounir


vitrine 27

Pierre tombale

Catégorie :
Mobilier funéraire, pierres tombales
Date :
Époque islamique, 8ème siècle apr. J.-C.
Lieu de découverte :
Basse Egypte, Alexandrie (Rue El-Bardissi, El-Nabi Daniel)
Matière(s) :
Pierre, marbre
Longueur :
35 cm;
largeur :
50 cm
Salle :
Antiquités islamiques, vitrine 27


 Description

Pierre tombale en marbre gravée d’inscriptions calligraphiées en coufique sans points diacritiques et entourées d’un cadre ornemental simple formé d’une succession de triangles sans base. Le texte s’étend sur treize lignes qui commencent par la basmala (Au nom de Dieu clément et miséricordieux) et la chahada (le témoignage qu’il n’y a pas d’autre Dieu hormis Allah et que Mohamed est son dernier prophète). Il comprend également le nom du défunt ainsi que des versets coraniques.

Gravées en creux, les inscriptions sur la pierre tombale indiquent que le défunt croit que l’Heure arrivera, pas de doute à son sujet, et qu’Allah ressuscitera ceux qui sont dans les tombeaux, et que le défunt a vécu et est mort selon ses convictions. Elles représentent également une prière implorant la miséricorde de Dieu. Le style et la calligraphie des inscriptions permettent de dater la pierre tombale du IIe siècle de l’Hégire/VIIIe siècle de notre ère.

 Les pierres tombales

L’Egypte islamique s’est distinguée par l’abondance des pierres tombales retrouvées qui, en pierre ou en marbre, étaient placées à la tête de la tombe révélant l’identité de la personne enterrée. Bien que les juristes musulmans (fuqahā') aient été unanimes sur le fait que la tombe devait être sobre et ne devait pas porter d’inscriptions, certains n’ont pas adhéré à cette tradition musulmane. Devenant ainsi plus sophistiquées, les pierres tombales comportaient la basmala, le nom de la personne enterrée, des mots à la louange de Dieu et la gloire de son prophète, la chehada ainsi que la date de décès.

L’importance des pierres tombales

La principale valeur de ces pierres tombales réside dans le fait qu’elles permettent de retracer le développement de la calligraphie arabe sur pierre. Il existe plus d’une centaine de styles calligraphiques arabes, dont le coufique, le thuluth, le naskhi, le persan et le ruq’ah qui étaient cependant les plus utilisés sur les pierres tombales.

Les inscriptions sur les pierres tombales ont permis de suivre l’arabisation de l’Egypte islamique. Sur la plupart de celles datant des deux premières siècles de l’Hégire, qui ont été découvertes à Assouan et à Fostat, le nom du défunt était suivi du nom de sa tribu qui, à partir du IIIe siècle de l’Hégire, a été remplacé par celui de la région, la province ou le pays dont le défunt était originaire, on écrivait donc untel l’Egyptien et ainsi de suite. Cela prouve que, dès lors, les Arabes vivant en Egypte ne se distinguaient plus de la population autochtone.

Le coufique

Le coufique est la forme calligraphique la plus ancienne, la plus esthétique et la plus célèbre de l’écriture arabe. Il a été largement utilisé pour les inscriptions commémoratives ou les épigraphes qui sont des inscriptions couvrant les murs des édifices monumentaux, les pierres tombales et les objets façonnés. Le coufique est riche en variantes, chacune possédant des caractéristiques particulières, tel le coufique primaire qu’on rencontre sur une pierre tombale datant de l’an 31 de l’Hégire (époque des califes Rashidun) au Musée de l’Art Islamique. Le style coufique a dominé durant les cinq premiers siècles dans l’écriture du Coran et l’épigraphie monumentale ; et ce parce qu’il se prêtait bien à l’ornementation, devenant ainsi le style officiel qui a prévalu dans l’épigraphie monumentale sur les édifices et les pierres tombales.

Variant entre le coufique simple et le coufique fleuri, ce style est resté d’usage jusqu’au VIe siècle de l’Hégire/XIIe siècle de notre ère.


Ces informations sont sujettes à modification ou mise à jour en réponse aux exigences de la recherche continue.

Bibliographie
  • مصطفى عبد الله شيخة. دراسة تاريخية وأثرية لشواهد القبور الإسلامية. القاهرة: مكتب الجامعة للطباعة، 1984.
  • شواهد قبور من الإسكندرية. إعداد خالد عزب وشيماء السايح. الإسكندرية: مكتبة الإسكندرية، 2007.
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